VOIR LE REPLAY DE NOTRE WE​BINAIRE

Bien préparer sa rentrée 2026/2027

Outil KYC notaire : vérifier toutes les parties prenantes

Outil KYC notaire : vérifier toutes les parties prenantes
Table des matières

En matière de choix d’une solution KYC, le cas du notaire illustre mieux qu’ailleurs pourquoi un outil KYC généraliste ne suffit pas.

En effet, une transaction immobilière standard implique au minimum deux parties, un acheteur et un vendeur. Mais, dès qu’une SCI, une succession, un démembrement ou un mandataire entre en jeu, on passe rapidement à cinq, six, parfois huit personnes physiques ou morales à identifier et vérifier simultanément.

C’est cette réalité multi-parties propre à la profession qui rend le KYC notarial structurellement plus complexe qu’ailleurs et qui justifie un outil vraiment conçu pour y répondre. On vous explique.

Rappel des obligations KYC pour un notaire

Le notaire est assujetti aux obligations LCB-FT depuis 2015 (article L561-2 du Code monétaire et financier). Sa supervision relève du Conseil Supérieur du Notariat (CSN) et des Chambres des notaires, dont les contrôles se sont renforcés depuis 2024. Mais ce n’est pas le volume des contrôles qui différencie le KYC notarial, c’est la nature même des actes qu’il instrumente.

L’obligation de vérifier toutes les parties à l’acte, pas seulement le donneur d’ordre

C’est le point le plus distinctif du KYC notarial. Contrairement à une banque ou un expert-comptable qui entre en relation avec un seul client, le notaire, lui, est impliqué dans des actes qui engagent plusieurs parties ayant des intérêts distincts, parfois opposés, et qui doivent toutes être identifiées et vérifiées indépendamment.

Voici quelques exemples concrets pour mesurer la complexité réelle :

  • vente immobilière simple : vendeur + acheteur = 2 vérifications distinctes avec des documents différents selon le profil de chacun ;
  • vente impliquant une SCI côté acheteur : identification du gérant + identification de chaque bénéficiaire effectif détenant plus de 25 % du capital ou des droits de vote, soit 3 à 5 vérifications supplémentaires selon la structure ;
  • succession avec plusieurs héritiers : chaque héritier doit être identifié individuellement avec son acte de notoriété et sa pièce d’identité propre ;
  • démembrement de propriété : l’usufruitier et le nu-propriétaire font l’objet de vérifications séparées, y compris sur l’origine des fonds pour chacun ;
  • transaction avec mandataire : vérification du mandant et du mandataire avec la procuration liant les deux.

Une transaction standard peut ainsi générer 5 à 8 vérifications distinctes. Sans outil adapté, cela représente autant de dossiers manuels à constituer, de relances à gérer en parallèle et de pièces à archiver séparément avec le risque qu’une vérification soit oubliée le jour de la signature.

Bon à savoir : le notaire ne peut pas déléguer ses obligations KYC à l’agent immobilier ou à la banque impliqués dans la même transaction. Il n’y a également pas de distinction entre le notaire du vendeur et le notaire de l’acheteur. Chaque professionnel assujetti doit conduire ses propres diligences et indépendamment de celles des autres intervenants.

Exemple de dissimulation du bénéficiaire réel lors d’un achat immobilier

Outil KYC notaire : vérifier toutes les parties prenantes
Source : Guide Tracfin du dispositif LCB-FT pour les notaires – Mars 2022 – Page 13.

Les vérifications spécifiques par type de mission notariale

Pour vous aider à identifier les parties à vérifier et les documents spécifiques selon les principaux types d’actes instruits par une étude notariale, on vous a fait un tableau récapitulatif.

Type d’acte Parties à vérifier Documents spécifiques à collecter
Vente immobilière Vendeur(s) + acheteur(s) CNI/passeport valide, justificatif de domicile, origine des fonds pour l’acheteur
SCI acquéreuse Gérant + bénéficiaires effectifs Kbis < 3 mois, statuts, liste des associés, pièce d’identité de chaque bénéficiaire effectif
Succession Chaque héritier Acte de notoriété, CNI/passeport de chaque ayant droit
Donation Donateur + donataire CNI valides, justificatif du lien de parenté si applicable
Démembrement Usufruitier + nu-propriétaire CNI valides, origine des fonds pour chacun selon le montant
Mandat de représentation Mandant + mandataire Procuration + vérification indépendante des deux identités
Transaction avec PPE identifiée Partie PPE Vigilance renforcée : origine des fonds, justificatifs patrimoniaux, validation hiérarchique documentée
Constitution de société Associés + futurs dirigeants CNI de chaque associé, bénéficiaires effectifs si personnes morales impliquées

Exemple de blanchiment d’escroquerie aux fonds publics dans l’immobilier

Outil KYC notaire : vérifier toutes les parties prenantes – illustration 2
Source : Guide Tracfin du dispositif LCB-FT pour les notaires – Mars 2022 – Page 17.

Ce que l’outil KYC automatise dans le flux notarial

Gérer 5 à 8 vérifications par dossier, sur des parties qui ne sont pas toutes disponibles au même moment, avec des documents aux formats différents et des délais contraints par la date de signature de l’acte, voilà la réalité métier d’un notaire.

Vous comprenez donc les frictions que peut produire le KYC notarial manuel. Un outil adapté restructure ce flux de façon concrète.

La collecte multi-parties pour gérer plusieurs destinataires simultanément

L’apport le plus immédiat d’un outil KYC pour un notaire est sans conteste la gestion des flux documentaires en parallèle, et ce sans les perdre dans des échanges email désorganisés. Concrètement, une solution KYC pour notaire permet :

  • Un envoi de liens individuels sécurisés : l’étude envoie, depuis une interface unique, un lien de collecte distinct à chaque partie impliquée dans l’acte (acheteur, vendeur, représentant légal de la SCI, héritier, etc.). Chaque partie dépose ses documents dans son propre espace sécurisé sans voir ceux des autres.
  • Un suivi en temps réel de l’état de chaque dossier : un tableau de bord centralisé indique, pour chaque transaction, quelles parties ont complété leur dossier, lesquelles sont en attente et quels documents précis manquent, et ce sans devoir envoyer des emails de relance individuels ou mémoriser l’état de chaque dossier séparément.
  • Des rappels automatiques : un outil KYC relance automatiquement les parties qui n’ont pas complété leur dossier selon le délai paramétré. Le notaire intervient uniquement sur les cas bloquants, pas sur la gestion courante des relances.
  • Une consolidation automatique : une fois tous les dossiers individuels complétés, l’outil les agrège dans un dossier de transaction unique, structuré et présentable lors de la signature de l’acte.
  • La détection des incohérences entre parties : par exemple, si un bénéficiaire effectif déclaré dans les statuts de la SCI ne correspond pas aux informations enregistrées au RBE (Registre des Bénéficiaires Effectifs), une alerte est générée avant la signature et non après.

La vérification d’authenticité et le screening automatisés sur chaque partie

À partir des documents collectés, une solution KYC automatisée réalise la vérification documentaire pour chaque partie prenante grâce à l’extraction automatique des données biographiques, le contrôle de validité et la détection des incohérences entre données déclarées et données lues sur le document.

Une fois l’authenticité validée, l’outil procède au screening de chaque partie à partir des listes de sanctions et des bases des Personnes Politiquement Exposées (PPE) pour identifier le niveau de risques des différentes parties.

Ce scoring par niveau de risques est indispensable pour appliquer la vigilance adaptée (standard, simplifiée ou renforcée).

Point important, notamment dans les cas d’un notaire, l’outil KYC procède également à la vérification de l’origine des fonds, notamment pour les transactions dépassant les seuils de vigilance renforcée. Dans ce type de situation, l’outil structure la collecte des justificatifs (relevés bancaires, attestation de prêt, contrat de cession, attestation de donation, etc.) avec une liste adaptée au montant et au profil de risque de l’opération.

Bien évidemment, chaque vérification est tracée avec sa date, son auteur et son résultat pour répondre aux obligations de conformité LCB-FT (lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme). De plus, en cas de contrôle de la Chambre des notaires, l’ensemble du dossier de transaction (toutes parties confondues) est accessible en quelques minutes et sans reconstitution manuelle, ce qui vous fait gagner un temps précieux.

Les apports d’un outil KYC dans le quotidien de l’étude notariale

Un outil KYC ne crée de valeur réelle que s’il s’adapte au rythme de l’étude, aux pics saisonniers, aux dossiers urgents, aux clients peu à l’aise avec les outils numériques, etc.

Les fonctionnalités qui font la différence au quotidien sont celles qui réduisent la charge de relance, sécurisent la complétude avant chaque signature et préservent la qualité de la relation avec les parties. Voici un tour d’horizon des principaux apports pour les notaires.

À l’ouverture du dossier

L’assistant ou le clerc renseigne le type d’acte et identifie les parties dans l’outil. Ce dernier génère automatiquement les demandes documentaires adaptées à chaque profil renseigné (vendeur personne physique, SCI acquéreuse, héritier, etc.), sans que le collaborateur ait à mémoriser ou à sélectionner la liste exacte de pièces requises pour chaque configuration.

Du côté des parties à l’acte, elles ne doivent verser au dossier que les documents nécessaires, ni plus ni moins (respect du RGPD par la même occasion).

Bon à savoir : un client qui revient pour un nouvel acte retrouve son dossier existant dans l’outil. Seules les pièces expirées ou modifiées sont redemandées, le reste étant réutilisé. La collecte documentaire est alors moins contraignante pour le client, ce qui améliore l’expérience client, sans nécessiter plus de temps au notaire pour récupérer et vérifier les pièces par lui-même.

En cours d’instruction

Le clerc ou le notaire consulte le tableau de bord pour voir l’état de complétude de chaque dossier en un coup d’œil. Il manque des documents ? Pas de souci, les relances sont automatiques. Le professionnel intervient uniquement sur les alertes signalées par l’outil, comme celle pour un document expirant, une incohérence détectée, une correspondance PPE ou sanctions.

Avant la signature

L’outil génère une checklist de complétude du dossier multi-parties avant chaque acte pour éviter de découvrir qu’une pièce est manquante le jour J. Ce qui pourrait entraîner le report de la signature pour cause de dossier incomplet.

Bon à savoir : un bon outil KYC automatisé ne gère pas la prise de décision de rentrer ou non en relation d’affaires si un risque élevé est détecté. C’est au notaire de décider. De même, la déclaration de soupçon à Tracfin n’est pas automatique. C’est le notaire qui, en s’appuyant sur le faisceau d’indices, décide s’il faut déclarer à Tracfin.

Bonus : la checklist de complétude d’un dossier KYC notarial avant signature de l’acte

Nous vous avons fait une checklist couvrant l’ensemble des vérifications à valider avant chaque acte afin de vous aider à y voir plus clair. Mais surtout, elle peut être intégrée directement dans votre procédure interne LCB-FT.

Toutefois, veiller à ce que la pratique soit conforme à la procédure. Les incohérences sont sanctionnées en cas de contrôle LCB-FT par le CSN (Conseil Supérieur du Notariat), l’autorité de supervision du secteur.

Identification des parties

✅ Toutes les parties à l’acte sont-elles identifiées dans le dossier (vendeur, acheteur, mandataires, représentants légaux, héritiers) ?

✅ Pour chaque personne morale impliquée : les bénéficiaires effectifs sont-ils identifiés et vérifiés via le RBE ?

✅ En cas d’écart entre bénéficiaires effectifs déclarés et bénéficiaires effectifs enregistrés au RBE : l’incohérence est-elle documentée et expliquée dans le dossier ?

✅ En cas de mandataire : la procuration est-elle présente dans le dossier, avec vérification de l’identité du mandant et du mandataire ?

Vérification documentaire

✅ Les pièces d’identité de chaque partie sont-elles valides à la date de l’acte (pas uniquement à la date de collecte) ?

✅ Le Kbis des personnes morales date-t-il de moins de 3 mois ?

✅ Les statuts des sociétés impliquées sont-ils à jour par rapport aux informations du RCS ?

✅ L’acte de notoriété est-il présent pour chaque héritier impliqué dans une succession ?

✅ Les justificatifs de domicile ont-ils moins de 3 mois ?

Screening et évaluation des risques

✅ Le screening PPE et sanctions a-t-il été réalisé sur chaque personne physique identifiée dans le dossier (pas seulement sur le client principal) ?

✅ Une alerte PPE ou sanctions est-elle en cours de traitement dans le dossier ? Si oui, est-elle qualifiée et documentée avant la signature ?

✅ Le scoring de risque de la transaction a-t-il été calculé en tenant compte du montant, de la nationalité des parties, du type d’opération et de la structure de propriété ?

✅ Pour les transactions dépassant le seuil de vigilance renforcée : l’origine des fonds est-elle justifiée par un document officiel pour chaque partie concernée ?

Traçabilité et archivage

✅ La piste d’audit est-elle complète pour chaque partie (date, auteur et résultat de chaque vérification) ?

✅ Toutes les alertes générées par l’outil ont-elles été qualifiées et clôturées avec une justification écrite ?

✅ Les documents sont-ils archivés dans l’outil avec leur date d’expiration enregistrée ?

✅ En cas de soupçon : le circuit de déclaration à Tracfin a-t-il été initié avec documentation de la décision et de sa date ?

✅ Le dossier est-il exportable en intégralité depuis l’outil pour une présentation immédiate en cas de contrôle de la Chambre ?

Le KYC notarial est l’un des plus exigeants en termes de volumétrie documentaire par acte. Un outil adapté ne se contente pas de vérifier une identité, il gère la complexité multi-parties, structure les relances en parallèle, consolide les dossiers et garantit la traçabilité de chaque vérification sur l’ensemble des intervenants. Pour l’étude notariale, c’est la différence entre un processus subi, chronophage et risqué et un processus maîtrisé à chaque acte.

Ces contenus peuvent vous intéresser

Outil KYC avocat : périmètre et avantages

Vérification d’identité, screening PPE, secret professionnel : un outil KYC adapté aux avocats fait bien plus que cocher des cases. Découvrez ce qu’il automatise.