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Outil KYC avocat : périmètre et avantages

KYC et LCB-FT : une différence importante à comprendre en pratique – illustration 2
Table des matières

Le cas des cabinets d’avocats mérite une attention particulière en matière de choix d’un logiciel KYC automatisé. Le principal frein à la conformité LCB-FT (lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme) des avocats n’est pas l’ignorance du cadre réglementaire, mais la double contrainte de la profession.

En effet, les avocats sont concernés par des obligations KYC précises sur un périmètre limité et un secret professionnel qui encadre chaque étape du processus. C’est pourquoi n’importe quelle solution KYC ne convient pas, seul un outil KYC conçu pour les avocats répond à ces deux contraintes simultanément.

On vous explique ces subtilités afin que vous soyez en mesure de bien choisir votre solution.

Périmètre KYC des avocats

Avant de choisir une solution KYC, il faut savoir exactement ce qu’elle doit couvrir. Cela paraît évident, et pourtant… Le périmètre KYC de l’avocat n’est pas le même que celui d’une banque ou d’un expert-comptable, car il est limité à certaines opérations. Et c’est cette spécificité qui conditionne toutes les fonctionnalités attendues de l’outil. On fait le point.

Les opérations soumises à l’obligation KYC

L’article L561-3 du Code monétaire et financier limite l’assujettissement de l’avocat aux obligations LCB-FT aux situations où il assiste son client ou agit en son nom dans certaines opérations précises :

  • achat ou vente de biens immeubles ou de fonds de commerce ;
  • gestion de fonds, de valeurs mobilières ou d’autres actifs appartenant au client ;
  • ouverture de comptes bancaires, d’épargne ou de portefeuilles-titres ;
  • constitution, gestion ou direction de sociétés, fiducies ou structures similaires ;
  • toute transaction financière ou immobilière réalisée au nom et pour le compte du client

Autrement dit, les obligations LCB-FT des avocats ne couvrent pas : les consultations juridiques et le conseil, la représentation en justice et l’assistance devant les juridictions. Un avocat qui conseille sans être impliqué dans une opération financière ou immobilière n’est pas soumis au KYC pour cette activité, à condition qu’aucune opération assujettie ne soit connexe au dossier.

D’un point de vue pratique : un même dossier peut basculer d’une activité non assujettie à une activité assujettie en cours de mission, par exemple, une consultation qui débouche sur une cession de parts ou une transaction immobilière. C’est au moment de la cession que se déclenche l’obligation KYC et non de manière rétroactive.

Il faut donc une solution KYC capable de qualifier ce basculement au bon moment et sans avoir à recréer un dossier complet.

Le secret professionnel et les contraintes techniques d’un outil KYC

C’est le point de tension le plus spécifique à la profession d’avocat que les solutions KYC généralistes ne traitent pas correctement.

Comme vous le savez en qualité d’avocat, vous êtes soumis au secret professionnel en vertu de l’article 66-5 de la loi du 31 décembre 1971. Ce secret encadre deux aspects directement liés à l’outil KYC.

En effet, la déclaration de soupçon à Tracfin ne peut pas être transmise directement par l’avocat. Elle passe obligatoirement par le bâtonnier de son Ordre, qui dispose d’un délai pour s’y opposer si la déclaration porte sur des informations couvertes par le secret.

La solution KYC doit tracer cette étape sans la court-circuiter, car une déclaration directe constituerait une violation du secret professionnel.

De plus, le cloisonnement des accès impose que les informations collectées dans le cadre du KYC soient couvertes par le secret professionnel. Seules les personnes directement impliquées dans le dossier peuvent y accéder.

Une solution KYC sans gestion fine des droits d’accès par dossier est structurellement inadaptée à un cabinet d’avocats, quelle que soit, par ailleurs, la qualité de ses fonctionnalités KYC.

L’utilité des solutions KYC pour un avocat

Les solutions KYC adaptées à la profession d’avocat sont une force indéniable pour vérifier l’identité et l’intégrité des clients, car ces deux aspects recouvrent deux dimensions distinctes que l’outil prend en charge de façon complémentaire : l’identification formelle d’abord, l’évaluation du risque ensuite. Ces deux couches sont indissociables. On fait le point.

L’automatisation de la vérification d’identité

La vérification de l’identité d’un client passe par plusieurs étapes.

1- La collecte guidée à distance : le cabinet envoie un lien sécurisé au client. Ce dernier dépose ses documents depuis n’importe quel terminal (ordinateur, smartphone, tablette, etc.) sans créer de compte ni installer d’application.

La liste des pièces requises est adaptée à son profil (personne physique, représentant légal, bénéficiaire effectif, etc.).

2- L’OCR et la vérification d’authenticité : lecture automatique des documents d’identité (zone MRZ des passeports et cartes d’identité), extrait les données biographiques et les compare aux informations déclarées.

Toute divergence est signalée immédiatement : prénom différent, date de naissance incohérente, adresse contradictoire, etc. Les tentatives de falsification courantes (retouche photo ou modification des données imprimées) sont détectées par contrôle de cohérence des zones de sécurité.

3- L’identification des bénéficiaires effectifs : pour les clients personnes morales, l’outil croise automatiquement les données déclarées avec le Registre des Bénéficiaires Effectifs (RBE, accessible via Infogreffe). Si une divergence apparaît entre la structure déclarée et celle enregistrée au RBE, une alerte est générée sans que le collaborateur ait à effectuer cette vérification manuellement.

4- Les alertes préventives sur les documents expirants : la date de validité de chaque pièce collectée est enregistrée dans le dossier, ce qui permet à l’outil de générer une alerte avant l’échéance (délai paramétrable recommandé de 60 jours). Ainsi, le dossier reste conforme en continu, ce qui est précisément ce que les contrôles vérifient.

5- La piste d’audit automatique : chaque étape de vérification est enregistrée avec sa date, son auteur et son résultat. En cas de contrôle, l’ensemble de la démarche est présentable directement depuis l’outil sans reconstitution manuelle.

La vérification de l’intégrité : screening et scoring des risques

La vérification d’intégrité va au-delà de l’identité formelle. Elle évalue le risque associé au client et à l’opération. C’est ce point que les cabinets d’avocats sans solution dédiée omettent le plus souvent, faute de temps ou de méthode.

Une solution KYC permet d’automatiser cette vérification.

1- Screening PPE (Personnes Politiquement Exposées) : contrôle automatique des bases PPE nationales et internationales pour vérifier si le client, ses représentants légaux ou ses bénéficiaires effectifs figurent. Toute correspondance déclenche une alerte et bascule le dossier en vigilance renforcée, avec les exigences documentaires supplémentaires qui en découlent.

2- Screening des sanctions internationales : vérification automatique des listes du GAFI, des listes de sanctions ONU, Union européenne, OFAC (États-Unis) et OFSI (Royaume-Uni) mises à jour quotidiennement. Les dossiers actifs sont recontrôlés en continu, une personne pouvant être ajoutée à une liste de sanctions à tout moment.

3- Screening Adverse media ou médias défavorables : recherche automatisée des articles de presse et des sources publiques associant le client à des faits de blanchiment, fraude, corruption ou financement du terrorisme. Ce type de signal d’alerte précède souvent les listes officielles, c’est souvent la première trace publique d’une activité illicite.

4- Scoring de risque documenté : classification automatique du client selon le niveau de risque (faible/moyen/élevé) sur la base de critères objectifs paramétrés, comme le pays de résidence, la nature de l’activité, la structure de propriété, le statut PPE, le type d’opération demandée, etc. Le score est traçable et explicable devant un contrôleur et sert à définir le type de vigilance à appliquer (simplifiée, standard ou renforcée).

Outil KYC avocat : périmètre et avantages
Source : extrait du guide LCB-FT pour le secteur immobilier de la DGCCRF

Voici un tableau récapitulatif des vérifications applicables selon le profil du client

Type de client Identité Bénéficiaire effectif PPE/Sanctions Adverse media Scoring
Personne physique résidente Standard N/A Si risque élevé
Personne physique non résidente Renforcé N/A ✓ prioritaire Renforcé
Personne morale française Dirigeants ✓ via RBE Si risque élevé
Personne morale étrangère Renforcé ✓ obligatoire ✓ prioritaire Renforcé
PPE identifiée Renforcé Vigilance renforcée

L’intégration d’un outil KYC automatisé dans un cabinet d’avocat

La résistance la plus fréquente en cabinet d’avocats n’est pas réglementaire, elle est pratique. Le KYC est perçu comme une procédure qui ralentit l’entrée en relation et dégrade l’image du cabinet auprès d’un client habitué à la fluidité. Une solution bien conçue inverse cette perception pour le cabinet comme pour le client, car le processus est plus rapide.

Les apports dans le quotidien des avocats

Les apports dans le quotidien des avocats sont de plusieurs natures : réglementaires, certes, mais aussi pratique. On fait le point.

  1. Le déclenchement au bon moment : qualification du type de mission dès l’ouverture du dossier et déclenchement du KYC uniquement lorsque le périmètre d’assujettissement est atteint. Le collaborateur n’a pas à mémoriser les seuils réglementaires, ils sont appliqués automatiquement selon le paramétrage.
  2. La to-do list intégrée : les vérifications à réaliser, les documents manquants, les révisions dues et les alertes en cours sont visibles dans un tableau de bord centralisé.
  3. La gestion des droits d’accès : chaque collaborateur n’accède qu’aux dossiers pour lesquels il est habilité. Cette architecture garantit structurellement la conformité avec le secret professionnel et sans procédure manuelle à respecter à chaque ouverture de session.
  4. La préparation d’un contrôle : export de l’ensemble des dossiers actifs, de leur état de complétude et de la piste d’audit complète depuis l’outil en quelques clics et en peu de temps.

Les apports côté client en matière de parcours de vérification

L’utilisation d’une solution KYC automatisée offre un parcours de vérification plus fluide à l’entrée en relation d’affaires.

  • Lien sécurisé envoyé par email ou messagerie : le client dépose ses documents en quelques minutes, depuis son terminal habituel, sans créer de compte. Pour un client habitué aux process digitaux (dirigeant d’entreprise, investisseur, chef d’entreprise en cession, etc.), ce parcours est perçu comme professionnel et non comme une contrainte.
  • Interface claire et guidée : les pièces requises sont listées avec des exemples visuels. Le client ne se retrouve pas face à un formulaire générique à 20 lignes, il voit exactement ce qu’on lui demande et pourquoi.
  • Retour immédiat en cas de problème : le client est informé en temps réel si un document est illisible, expiré ou incomplet. Avec un KYC manuel, il faut attendre la validation humaine. Le retour peut demander plusieurs jours. Cette immédiateté réduit les allers-retours et accélère la complétude du dossier.
  • Mise à jour simplifiée pour les clients récurrents : pour un client qui revient avec un nouveau dossier ou une nouvelle opération, seules les pièces modifiées ou expirées sont demandées. Le dossier existant est réutilisé et mis à jour, le client n’a pas à refaire l’intégralité de son dossier à chaque mission.

Ce que les solutions KYC ne prennent pas en charge

Deux décisions restent strictement sous la responsabilité de l’avocat et une solution fiable ne cherche pas à les automatiser.

Cela concerne l’acceptation ou le refus d’une mission pour un client classé à risque élevé. La décision d’entrer en relation d’affaires ou d’y mettre fin appartient à l’avocat responsable du dossier. L’outil prépare l’analyse, calcule le score et documente le dossier, mais ne décide pas.

Bon à savoir : la décision doit être tracée nominativement avec la justification de l’avocat. Cette traçabilité est vérifiée en cas de contrôle.

L’outil peut détecter une anomalie, signaler une incohérence ou générer une alerte, mais c’est à l’avocat d’évaluer le faisceau d’indices et décider s’il faut faire une déclaration de soupçon à Tracfin. Néanmoins, si la déclaration n’est pas automatisée, la traçabilité l’est (date de la décision, auteur, transmission au bâtonnier et accusé de réception).

Pour rappel : la déclaration à Tracfin doit passer par le bâtonnier, conformément à l’article 66-5 de la loi de 1971.

Ce cloisonnement entre l’automatisation documentaire et la décision humaine est précisément ce qui rend les solutions KYC robustes devant un contrôle et crédibles devant le client.

Un outil KYC adapté à un cabinet d’avocats est une solution qui connaît le périmètre d’assujettissement de la profession, respecte le secret professionnel dans son architecture et automatise les vérifications documentaires sans toucher aux décisions qui appartiennent à l’avocat. Outre la conformité réglementaire, une telle solution contribue également à l’amélioration des processus et à un gain de temps, à condition de bien choisir son logiciel.

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